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CARNETS | marie deschênes
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10 janv. 2012

À quoi rêves-tu
au fond de l'eau, paisible Candide?
Ici, la surface
s'étouffe et crève
à ne pas savoir nager.

13 sept. 2009

septembre j'ai manqué le couchant
affairée à ne pas vivre, car trop
préoccupée de noirceur
l'éclat passif des absences
aux plaques tectoniques
effacées pour faire place
au grand trou le regard
échappé avec elle
rien ne sera doux
l'espace rien ne le sera
je ne sais
que survivre


*

la disparition est un mur de plus

*

il n'y a pas d'attente
le temps se cumule au même endroit
que les choses disparaissent
il n'est pas question
que je vive à côté, ici
c'est en colère que je dois
remplir ces espaces
sinon me taire, sinon me taire
et personne ne me dira de le faire

*

qu'as-tu à donner
les autoroutes rien
que le silence qui nous achève
pendant la liberté
qui nous fera nous retourner
délaissant jusqu'à nos corps
pour rappeler le monde
à nous


*

c'est le poing dans les coupures les lames les arrêts
sans recul aucun vers l'osmose
au tranchant des limites
la vitesse parmi le corps
comme une rivière éclatée
sans lit sous le cœur
mais des veines qui ont soif
que je tenterai d'attendre

15 août 2009

trois poèmes pour C.

elle est dans une salle
je suis dans une pièce
où nous ne sommes pas

entre nous gît le soleil


*

soleil plagié
partout les soleils
empêchent de toucher
sa soif

*

elle attend
je crois
que vivre revienne
j'imagine
habiter en elle

14 août 2009

candide tout près du soleil
la terre ne nous intéresse plus, amie
candide tout près du soleil
comme une planète translucide
que personne ne voit
lourde et vaste emplie de tout
de tant que rien ne sert de boire
déjà tu avales le monde