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CARNETS | marie deschênes
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8 janv. 2012

Il faut se faire l'architecte de l’éphémère
serein devant le possible infiniment renouvelé
du pas-grand-chose.

26 déc. 2011

l'existence des os
etc.

(continuez de parler, ça m'intéresse)

12 oct. 2011

J'espère écrire ici bientôt. Je suis occupée ailleurs, j'écris pour d'autres silences, d'autres distances.
J'aimerais écrire sur la danseuse et lieu - combien fin et sensible mon rapport au lieu a toujours été, depuis l'enfance.
Mais la mélancolie de l'écriture : créer des lieux que mon corps ne pourra jamais habiter. Parfois je ne peux plus écrire.
Je vais au studio, cette autre solitude ; le corps dans l'espace vide, tenter de l'habiter.
Traces perdues, je n'y laisse aucune, si légère. Il m'est plus facile de laisser se perdre derrière moi, le plus souvent, de ne pas garder ; dévorer le temps qui me dévore, me perdre en pirouettes - tourner le dos au miroir, au regard le plus dur qui soit - et tourner le corps vers le monde, le monde en soi, le mouvement, m'écouler avec le temps. Il y a si peu à dire sur la danse. Il y a surtout beaucoup à vivre.
J'écrirai plus quand je danserai moins, quand encore une fois je danserai mal.
Quand je n'arriverai plus à habiter le monde avec légèreté, silencieusement.