Carnet
CARNETS | marie deschênes
Aucun message portant le libellé trop à être trop brefs rien n'y fait. Afficher tous les messages
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9 nov. 2011
Le désordre, laideur quelconque du monde, comme une marée me monte au bord des yeux, des lèvres, des dents, de la gorge jusqu'à l'estomac ; un désordre si fin, microscopique, pourtant si parfaitement et uniformément répandu dans la structure du monde, un grain de sable dans un rouage, un virus passant entre les organes, une faille au cœur de la poutre, craquant, à peine perceptible, mais que j'entends où que je sois, et qui fait que tout lentement, éternellement, inlassablement s'écroule. J'entends le monde s'écroule, comme l'édifice dans lequel j'habite, rue Edouard-Charles, craque la nuit ; ses fondations pourries, ses murs dans lesquels poussent d'étranges champignons dont personne ne veut s'occuper, qui ne sont ni la responsabilité du propriétaire ni celle du locataire. Je ne supporte pas le monde ; les grincements de son impossiblement lente agonie me tiennent éveillée dans la plus constante inquiétude ou bien me plonge dans le plus profond ennui. Ne pas pouvoir sortir d'ici.
4 nov. 2008
fatigue des rétines la surface y creuse
les failles ; épuisement des rigueurs
des puretés il n'y a plus de guerre devenons-nous
engourdis englués soldats coupés sous le soleil
sa marche elliptique dans le chantier des éclats
plus rien pour saisir
l'œil qui s'égraine
d'un coup sec sur le papier glacé
nous sommes d'une autre époque
les failles ; épuisement des rigueurs
des puretés il n'y a plus de guerre devenons-nous
engourdis englués soldats coupés sous le soleil
sa marche elliptique dans le chantier des éclats
plus rien pour saisir
l'œil qui s'égraine
d'un coup sec sur le papier glacé
nous sommes d'une autre époque
13 févr. 2008
5 févr. 2008
dehors
rien à dire. rien à écrire. rien à danser.
je ne veux qu'espace, que sortir, liberté.
pouvoir dire, ou ne pas dire, rien
comment/pourquoi dire? comment créer de l'espace, du silence, ouvrir les possibles?
je n'ai pas envie d'emplir, j'en ai marre du bourdonnement des paroles, j'en ai marre de l'opacité de l'à dire, du moi, du vous, des grands cris inaudibles de la nécessité, personne n'écoute, l'on se répète inlassablement, qu'est-ce que nous sommes cons, minuscules dans l'impossible lenteur du déploiement des choses, notre perspective en abîme, notre misérable tentative d'appartenir au monde.
je n'ai pas envie de répéter, ignorante et sourde. tout est là, sortons de nous-mêmes. j'aimerais [donner] la possibilité d'écouter, de voir.
la parole a-t-elle du sens, est-elle possible? faut-il sans cesse répéter, ajouter des couches à l'opacité? faut-il se taire?
dire ne mène nulle part
qu'en soi-même
ici je m'achève
je ne veux qu'espace, que sortir, liberté.
pouvoir dire, ou ne pas dire, rien
comment/pourquoi dire? comment créer de l'espace, du silence, ouvrir les possibles?
je n'ai pas envie d'emplir, j'en ai marre du bourdonnement des paroles, j'en ai marre de l'opacité de l'à dire, du moi, du vous, des grands cris inaudibles de la nécessité, personne n'écoute, l'on se répète inlassablement, qu'est-ce que nous sommes cons, minuscules dans l'impossible lenteur du déploiement des choses, notre perspective en abîme, notre misérable tentative d'appartenir au monde.
je n'ai pas envie de répéter, ignorante et sourde. tout est là, sortons de nous-mêmes. j'aimerais [donner] la possibilité d'écouter, de voir.
la parole a-t-elle du sens, est-elle possible? faut-il sans cesse répéter, ajouter des couches à l'opacité? faut-il se taire?
dire ne mène nulle part
qu'en soi-même
ici je m'achève