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CARNETS | marie deschênes
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2 déc. 2011
L'indifférence ne mène pas au suicide,
meuh non - cette violente prise de position
face au monde (le ridicule se dévoile toujours à qui se tient dehors).
La mort se vit ici plutôt à chaque jour,
parmi l'avortement des possibles,
dans la laideur ou la beauté du monde;
mourir en ne mourant pas,
le labeur élégant d'un autre Sisyphe.
La joie, aube étrange, surgit tout de même parfois, lumineuse
musique parmi l'inénarrable tristesse.
meuh non - cette violente prise de position
face au monde (le ridicule se dévoile toujours à qui se tient dehors).
La mort se vit ici plutôt à chaque jour,
parmi l'avortement des possibles,
dans la laideur ou la beauté du monde;
mourir en ne mourant pas,
le labeur élégant d'un autre Sisyphe.
La joie, aube étrange, surgit tout de même parfois, lumineuse
musique parmi l'inénarrable tristesse.
9 nov. 2011
Le désordre, laideur quelconque du monde, comme une marée me monte au bord des yeux, des lèvres, des dents, de la gorge jusqu'à l'estomac ; un désordre si fin, microscopique, pourtant si parfaitement et uniformément répandu dans la structure du monde, un grain de sable dans un rouage, un virus passant entre les organes, une faille au cœur de la poutre, craquant, à peine perceptible, mais que j'entends où que je sois, et qui fait que tout lentement, éternellement, inlassablement s'écroule. J'entends le monde s'écroule, comme l'édifice dans lequel j'habite, rue Edouard-Charles, craque la nuit ; ses fondations pourries, ses murs dans lesquels poussent d'étranges champignons dont personne ne veut s'occuper, qui ne sont ni la responsabilité du propriétaire ni celle du locataire. Je ne supporte pas le monde ; les grincements de son impossiblement lente agonie me tiennent éveillée dans la plus constante inquiétude ou bien me plonge dans le plus profond ennui. Ne pas pouvoir sortir d'ici.
8 nov. 2011
Sauternes à minuit et l'amant qui se tait
moi je ne parle qu'en squelette je n'ai pas de chair
autour de mes os nous valsons un vent passe nous défait
je ne sais rien que refaire faire avec me glisser
sous quelque vie trouvée ça n'a pas d'importance
étrangère au pays une ligne divergente, je dessine
le paysage en n'étant pas làe
où il faudrait que je sois.

M.C. Escher
moi je ne parle qu'en squelette je n'ai pas de chair
autour de mes os nous valsons un vent passe nous défait
je ne sais rien que refaire faire avec me glisser
sous quelque vie trouvée ça n'a pas d'importance
étrangère au pays une ligne divergente, je dessine
le paysage en n'étant pas làe
où il faudrait que je sois.

M.C. Escher
2 août 2009
bréviaire de disparition
pour Isaiah
aucun état liquide
entre le monde et son œil
une écharde regarde dehors
aride moment que celui de vivre
*
Elle est droite comme une poutre
debout au centre des luxuriances de la mer
la femme sans poème
dans sa fatalité
sa chance de n’être pas décharnée
perméable contre le soleil qui s’égare la bouche
close la main prête quand tout en elle
se densifie bois sec avant de mourir
sans jamais une faille même pas un poème
par lequel se noyer
*
Plus tard elle s’ennuie dans sa ménagerie
d’aubes et de fenêtres apprivoisées
des flacons silencieux d'eaux précieuses sa peau lisse
contre les lignes abstraites les idées qu’elle échappe
viennent s'éclater en elle la glace
oubliée entre la fin de l’enfance et le début de la mort
la pointe émoussée de vivre
qui n’a pas su ouvrir la faille
*
Elle est lasse elle aurait aimé aimer le monde
si limpide qu’il disparaitrait
au profit des astres
peut-être là derrière
toutes ces choses qu’elle refuse de nommer
par souci de lumière
et qui se cumulent
malgré elle
*
À force de taire
le monde continue
sa disparition
*
Elle perd le monde
en se perdant
dans la vitesse
elle croit
*
C’est
d’un poème dont on verrait
non pas la forme la structure la source
mais ce qu’il permet
de voir dont elle rêve
*
Il n’y a plus
que les inlassables
Omnes Generationes
de Bach les kilomètres le béton
pour la faire s'émouvoir
quelle est donc cette maladie
aride cette interminable indifférence
alors que les autres parlent
de douleurs d’arbres et de couleurs
elle n’a qu’une idée en tête
qu'elle n’arrive pas à nommer
*
Musique enfin
directions claires
de l’absence de sens
aucun état liquide
entre le monde et son œil
une écharde regarde dehors
aride moment que celui de vivre
*
Elle est droite comme une poutre
debout au centre des luxuriances de la mer
la femme sans poème
dans sa fatalité
sa chance de n’être pas décharnée
perméable contre le soleil qui s’égare la bouche
close la main prête quand tout en elle
se densifie bois sec avant de mourir
sans jamais une faille même pas un poème
par lequel se noyer
*
Plus tard elle s’ennuie dans sa ménagerie
d’aubes et de fenêtres apprivoisées
des flacons silencieux d'eaux précieuses sa peau lisse
contre les lignes abstraites les idées qu’elle échappe
viennent s'éclater en elle la glace
oubliée entre la fin de l’enfance et le début de la mort
la pointe émoussée de vivre
qui n’a pas su ouvrir la faille
*
Elle est lasse elle aurait aimé aimer le monde
si limpide qu’il disparaitrait
au profit des astres
peut-être là derrière
toutes ces choses qu’elle refuse de nommer
par souci de lumière
et qui se cumulent
malgré elle
*
À force de taire
le monde continue
sa disparition
*
Elle perd le monde
en se perdant
dans la vitesse
elle croit
*
C’est
d’un poème dont on verrait
non pas la forme la structure la source
mais ce qu’il permet
de voir dont elle rêve
*
Il n’y a plus
que les inlassables
Omnes Generationes
de Bach les kilomètres le béton
pour la faire s'émouvoir
quelle est donc cette maladie
aride cette interminable indifférence
alors que les autres parlent
de douleurs d’arbres et de couleurs
elle n’a qu’une idée en tête
qu'elle n’arrive pas à nommer
*
Musique enfin
directions claires
de l’absence de sens