marie deschênes | carnet de brouillons
15.3.12
14.3.12
1.3.12
25.2.12
Vendredi je prends le train à rebours vers le
Japon
pour me noyer, bien avant, dans la San
Francisco Bay
m'allonger au fond des mers afin
de brûler mes lettres au levant
m'allonger au fond des mers afin
de brûler mes lettres au levant
passer par l'Ouest (c'est l'Est que je cherche)
pour fuir (un bouquet de fleurs à la main)
pour fuir (un bouquet de fleurs à la main)
cet âge insupportable (l'ironie);
le souffle retenu afin de mourir
le plus longtemps possible.
7.2.12
Nothing happened
Would someone please save my life? I wrote
on a piece of paper, not knowing who to give it to.
I sat in the café, maybe it was in Rome (
though I've never been
there), looking at people passing
by, wondering if there was someone
to whom I could ever relate, talk,
really. I sat there in front of the empty
glances through the window the transparent
wall between the world and
I, with my sadness and my despair, I
laughed not, cried not, died not.
on a piece of paper, not knowing who to give it to.
I sat in the café, maybe it was in Rome (
though I've never been
there), looking at people passing
by, wondering if there was someone
to whom I could ever relate, talk,
really. I sat there in front of the empty
glances through the window the transparent
wall between the world and
I, with my sadness and my despair, I
laughed not, cried not, died not.
4.2.12
Chansons pour âmes rigoureuses et mélancoliques
Les colchiques 1930 | Texte : G. Apollinaire | Musique : Marie Deschênes
Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s'empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-la
Violatres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne
Les colchiques 1930 | Texte : G. Apollinaire | Musique : Marie Deschênes
Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s'empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-la
Violatres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne
29.1.12
18.1.12
J'écrirais bien un livre tout blanc, vide, (on y mettra ce qu'on veut), avec uniquement des notes de bas de pages
(ce sont elles les plus intimes).1
1 Tu te fais prendre à ton propre piège
tes efforts imbéciles pour rester dans l'ombre en sortant de l'ombre
pour sortir de l'ombre en restant dans l'ombre
coincée dans ta nudité farouche et froide.
Tu aurais aimé au grand jour
demeurer invisible
tu aurais aimé sans être vue
pouvoir être dans la foule, parmi les gens
les aimer de loin.
15.1.12
Au §702 des Investigations, dans la seconde section consacrée au langage privé et aux sensations, Wittgenstein commente la notion de "température ressentie" sur le site Internet Météo Média : « Température ressentie : -43. Ressentie, mais par qui? Et que dire de la phrase suivante : « Temp. ressentie : - » ? Quel genre d'information souhaite-t-on communiquer ainsi, et à qui?».
Rêve : je dois donner un spectacle mais je n'ai rien préparé et je n'ai aucun costume avec moi;
pas de chorégraphie, pas de musicien, pas de robe, pas de chaussures de danse.
Je me fabrique une robe en feuille d'aluminium, je m'installe sur une chaise au devant de la scène et je fixe le public.
Tout le monde parle. Il ne se passe rien.
14.1.12
10.1.12
8.1.12
4.1.12
3.1.12
(les lamentations du bourreau)
Pauvre petit philosophe
l'enfer captif entre les dents
tu mords le chien
qui t'a mordu
dans le miroir
l'enfer captif entre les dents
tu mords le chien
qui t'a mordu
dans le miroir
27.12.11
L'architecture est une chose angoissante. Lourdes traces
de l'humanité; pérennité suffocante. Qu'est-ce que le genre humain
construit qui n'est que mise en forme de la forme
(la superposition rend opaque),
(la superposition rend opaque),
quelles sont les merveilles que l'indifférence (cette saturation) n'anéanti pas?
Longtemps j'ai refusé de jouer (etc.). Je faisais semblant de lire
les partitions et les livres, j'étais pourtant
la meilleure élève, jamais
on n'aurait cru que je mentais. Je rêvais
on n'aurait cru que je mentais. Je rêvais
à la vitesse; le désordre
par les sens la perte du sens.
Aujourd'hui, je suis à table
avec le carton et les règles
et je m'endors.
18.12.11
17.12.11
pour la liberté;
comprendre le monde (les limites)non,
et la liberté;
comprendre les limites (le monde, je disais), s'y mouvoir avec aisance et légèreté (habiter, être parmi).
(oui est un pays agréable)
Ne pas toujours vouloir exploser les limites; Marie,
(extérieures / intérieures)
pour les accidents de vitesse, il y a l'art
(les fenêtres dans le vide).
15.12.11
J'avais, pour ajouter à l'Über-jus continuel de ma paisible existence,
fait un Instant Book, cet automne, pour l'excellent Matt Prins.
Matt est un ami et écrivain qui fait, entre autres choses, des petits livres instantanés
à l'humour cynique, autodérisoire et aux dessins naïfs. Il a demandé à 26 artistes et écrivains de participer
à la deuxième édition des ALPHA Books, genre de calendrier de l'avant qui se fiche de la règle
et qui se base sur les lettres de l'alphabet, question de n'avoir aucun rapport avec les jours du mois.
J'étais la lettre D, mon petit livre sera publié aujourd'hui ici :
http://instantbooks.wordpress.com/
lien direct à mon book :
Don’t Fence Marie In by Marie Deschênes
fait un Instant Book, cet automne, pour l'excellent Matt Prins.
Matt est un ami et écrivain qui fait, entre autres choses, des petits livres instantanés
à l'humour cynique, autodérisoire et aux dessins naïfs. Il a demandé à 26 artistes et écrivains de participer
à la deuxième édition des ALPHA Books, genre de calendrier de l'avant qui se fiche de la règle
et qui se base sur les lettres de l'alphabet, question de n'avoir aucun rapport avec les jours du mois.
J'étais la lettre D, mon petit livre sera publié aujourd'hui ici :
http://instantbooks.wordpress.com/
lien direct à mon book :
Don’t Fence Marie In by Marie Deschênes
13.12.11
6.12.11
4.12.11
épuiser les possibles n'est pas possible
J'écrirai un livre, très beau
(il faut multiplier les fenêtres sur le monde, c'est important)
chanterai quelques chansons
danserai une très longue et violente danse.
Ensuite, je pourrai partir
me laisser dériver
dans un train ou la folie;
les paysages changeants.